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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/111

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pas envoyés pour autre chose que pour vous saluer, et pour vous offrir ces présens ; nous ne pouvons pas faire autre chose ; non, nous ne pouvons pas exécuter ce que vous nous ordonnez. Si nous le faisions, Montezuma, notre seigneur, serait irrité contre nous, et nous ferait mourir. » Le capitaine leur répondit : « Vous devez faire malgré tout ce que je vous dis ; je veux voir quels hommes vous êtes, car là-bas, dans notre pays, nous avons entendu dire que vous étiez des guerriers vaillans : prenez donc ces armes, et disposez-vous pour que demain matin nous nous rencontrions dans la campagne. »

« Cela fait, ils prirent congé du capitaine, entrèrent dans leurs canots, et commencèrent à se diriger vers la terre, ramant en grande hâte, et se disant les uns aux autres : « Courage, hommes vaillans, efforcez-vous de ramer avant que personne ne nous accoste. »

« Après avoir entendu le récit que lui firent ses envoyés, Montezuma rassembla aussitôt quelques devins, des augures et des chefs, et il les envoya au port où étaient les Espagnols, afin qu’ils s’arrangeassent de manière à ce que la nourriture ne manquât point aux étrangers, et qu’ils eussent tout ce qu’ils pourraient désirer. Il leur recommanda d’être attentifs à ce qu’ils verraient, et de lui en donner une fidèle relation. Il envoya en outre avec eux quelques esclaves, afin qu’on les sacrifiât devant le dieu qui était arrivé, si l’on voyait que cela lui convînt, et qu’il demandât du sang pour le boire. Ces ambassadeurs s’éloignèrent donc et arrivèrent au lieu où étaient les Espagnols, et ils leur offrirent des gâteaux de maïs teints de sang humain. Quand les étrangers virent cette nourriture, ils éprouvèrent un grand dégoût, et commencèrent à cracher et à la rejeter avec