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ÉTATS-UNIS.

la réputation de parleur, et rien de plus, et qui représente dans le congrès un district voisin du nôtre, a conseillé de déporter les Indiens dans un prétendu paradis, situé vers le couchant, parce que, assure-t-il, ils se détruisent à force de boire du poison, et que c’est là le seul moyen d’empêcher leur anéantissement. Ce qui est sucre pour le palais des Indiens est fiel pour le sien ; et la raison en est que les Chérokées possèdent un riche et beau pays, et que lui viole le dixième commandement de Dieu. »

L’adoption d’une constitution par les Chérokées a fourni enfin à la Georgie un prétexte plausible pour s’emparer de leur pays. La législature, dans un manifeste adressé au gouvernement général, lui reproche de ne point tenir ses engagemens envers elle, et d’avoir pris des mesures pour la civilisation de ces indigènes, qui tendent à éterniser entre leurs mains la possession de leurs terres. Elle déclare en outre qu’elle est décidée à ne point tolérer un état indépendant de son autorité, dans les limites de son territoire, et que, si le gouvernement refuse de la satisfaire, elle se rendra elle-même justice. En conséquence, le président crut devoir protester, en mars 1828, qu’il ne reconnaissait en aucune manière le nouvel état chérokée ; et il intima l’ordre à l’agent de la nation de faire observer aux chefs qu’il ne considérait leur acte constitutif que comme un réglement intérieur, qui ne pouvait altérer en rien leurs relations avec le gouvernement général, lesquelles devaient rester sur le pied où elles étaient antérieurement à la promulgation de ladite constitution.

Depuis lors, le gouvernement a échoué dans plusieurs tentatives auprès de ce peuple pour en obtenir qu’il émigrât à l’ouest du Mississipi. Les sauvages, comme on sait, ont une espèce de culte pour le pays où reposent les cendres de leurs ancêtres, et il est à présumer que les Chérokées ne céderont qu’à la force. Le Phénix dénonce deux naturels de l’Arkansas, envoyés parmi eux pour les désunir ; mais il invite ses compatriotes