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MEXIQUE.

que renfermait le Parian, dix à quinze seulement échappèrent au pillage[1].

Le congrès avait suspendu ses séances dès le commencement de l’insurrection ; Pedrazza et toutes les autorités, à l’exception de Victoria qui s’était joint aux insurgés, avaient quitté la ville. On les remplaça le 6 par des partisans de Guerrero, de sorte que l’administration, à l’exception de Victoria (président), fut complètement renouvelée. Le gouvernement se hâta de tranquilliser les étrangers par une proclamation, et tout rentra peu à peu dans l’ordre. Lobato reçut le commandement militaire du district, et Guerrero fut nommé ministre de la guerre.

Santa-Anna, Zavala, Montès, et tous les autres généraux qui avaient pris les armes pour soutenir la cause populaire, s’empressèrent de reconnaître le gouvernement. Les états de la confédération adhérèrent aussi au nouvel ordre de choses. Pedrazza résigna la magistrature suprême, et comme la constitution veut que, dans le cas de démission du président élu, le candidat qui a réuni après lui le plus de suffrages, soit proclamé, Guerrero se trouva de droit investi de cette charge. Le général Bustamente fut nommé vice-président, et tous deux devaient entrer en fonctions au premier avril.

Dans son message au congrès, le 1er janvier 1829, Victoria fit le tableau des événemens du mois de décembre, de la situation intérieure de la république et de ses relations avec les puissances étrangères, qu’il représente sur le meilleur pied. Cette assemblée confirma alors l’élection de Guerrero, et rapporta le décret qui mettait hors la loi Santa-Anna et ses partisans. Ce dernier fut ensuite réintégré dans son commandement, et Zavala reprit le poste de gouverneur de l’état de Mexico.

  1. Toutefois le désastre ne fut pas aussi considérable qu’on l’avait d’abord annoncé. Le pillage se borna presque entièrement au bazar.