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seur à l’Université de Munich avait publié, il y a une dizaine d’années, à l’usage des étudiants, une très bonne édition classique des Méditations, contenant le texte latin ainsi que le texte de la traduction du duc de Luynes, texte assez différent, comme on sait, du texte de Cousin. Rééditant son livre, M. Güttler a pu utiliser l’édition française d’Adam et Tannery. Ce volume contient : une introduction d’une quinzaine de pages consacrée principalement à l’histoire externe des Méditations (éditions, objections, etc.) ; l’épître à la Sorbonne ; la préface de l’auteur et celle du libraire au lecteur, la Synopsis et l’appendice. Les objections et les réponses aux objections sont résumées brièvement à la fin de chaque méditation : les notes allemandes, assez nombreuses, courtes et claires, remplissent bien le rôle que doivent avoir les notes dans une édition classique. Le volume est accompagné du portrait de Descartes par Hals et du fac-similé du frontispice des éditions latines de 1641 et 1642, des éditions françaises de 1647 et 1661. L’édition de M. Güttler a rendu et rendra de grands services en Allemagne, et, même en France elle mérite d’être rangée parmi les bonnes éditions des Méditations.

Das Problem der Methode bei Descartes, par le Dr Ferdinand Stöcker. Broch. in-8 de 53 p., Bonn, Georgi, 1911. — L’auteur de cette thèse présentée à l’Université de Bonn a voulu faire œuvre d’historien et non de critique du cartésianisme. Et pourtant il ne paraît pas qu’il soit exact, d’un point de vue purement historique, de distinguer chez Descartes, outre des « méthodes d’exposition » une « méthode de la métaphysique » qui serait toute proche de la scolastique, et une « méthode de la physique » toute proche de celle de la physique nouvelle, ce qui est l’idée directrice de M. Stöcker (pp. 11-12) : ni qu’on ait le droit de dire que la mathématique ait donné à la méthode cartésienne son caractère scolastique rationnel (??) » (p. 13), ou que « la mathématique universelle contienne un élément étranger à la méthode universelle, la physique mathématique » (p. 14 note 5), surtout quand on est obligé de reconnaître, aussitôt après, que chez Descartes méthode universelle et mathématique universelle se confondent ; ni que « la mathématique trouve sa justification seulement dans la méthodologie et la physique mathématique » (p. 15), ce qui est proprement prendre le contre-pied de la position cartésienne. Au vrai, la préoccupation de M. Stöcker est plus critique qu’historique, et il se pose des questions comme il fait des distinctions légitimes en soi, mais que ne comporte pas l’œuvre de Descartes et qui n’auraient pas eu de sens pour lui. Est-il cartésien de dire que « la mathématique, science idéale, est en même temps science formelle ? » (p. 16) Il y aurait plus d’une objection à faire à ce que M. Stöcker dit de l’intuition, et il a souvent écarté, sans raisons décisives, à notre avis, des interprétations de Hamelin, de Hannequin, de Cassirer et de Natorp. Mais il formule avec beaucoup de précision plus d’une question importante ; et son étude témoigne de sérieuses qualités philosophiques.

Thomas Hobbes. Der Mann und der Denker, 2e éd. par Ferdinand Tönnies, professeur à l’Université de Kiel. 1 vol. in-8 de xvi-249 p. Osterwieck, A. W. Zickfeldt, 1912. L’ouvrage de Tönnies sur Hobbes, paru pour la première fois en 1896, est, comme l’on sait, l’un des meilleurs travaux d’histoire de la philosophie moderne. Tönnies, qui a publié les premières éditions critiques des Elements of Law et du Behemoth, n’a cessé depuis, par des recherches dans les bibliothèques de France et d’Angleterre, de préciser des points épineux de l’histoire de la vie et de la doctrine de Hobbes. Son livre a donné la biographie de Hobbes la plus plus exacte que l’on connaisse, et a contribué à remettre en honneur le hobbisme, à faire plus exactement apprécier la signification intrinsèque et l’importance historique de cette grande philosophie ; cette nouvelle édition a profité des travaux personnels de Tönnies et des recherches d’autres érudits ; la huitième partie (Droit naturel), très augmentée, est maintenantdivisée en deux chapitres, l’un sur la morale et le droit naturel, l’autre sur la politique, qui contiennent d’intéressantes remarques sur l’évolution et les difficultés de ces théories, et un paragraphe tout à fait remarquable sur la théologie de Hobbes (pp. 211-216). Le beau livre de Tönnies est bien propre à dissiper les nombreuses erreurs qui ont encore cours sur la philosophie de Hobbes, écrivain beaucoup plus cité et discuté qu’il n’est lu.

Glanvill und Hume (thèse de doctorat de Rostock), par Nicolaus Petrescu. Broch. in-8 de 68 p., Berlin, Schade, 1911. — L’étude de M. Petrescu, pour n’avoir pas les prétentions exagérées qu’affichent trop souvent des travaux semblables, n’en est pas moins utile et intéressante. M. Petrescu ne croit pas avoir découvert une source nouvelle de la doctrine de Hume, et il ne cherche pas à montrer que tout Hume est dans Glanville. Ce sont des analogies qu’il