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questions posées. Ainsi tout un chapitre consacré à la nature de la vérité et à la discussion des vues de James et de Dewey ne nous laisse aucune idée nette sur la position de Baldwin à l’égard du pragmatisme. La terminologie de Baldwin exigerait un lexique spécial à la fin du troisième volume. Schiller, analysant ce second volume dans le Mind, réclame ironiquement ce lexique ; nous le réclamons sans ironie, s’il doit permettre d’utiliser un ouvrage considérable qui laisse entrevoir une pensée très subtile et parfois originale.

Papers on Moral Education, Communications pour le premier Congrès international d’Éducation morale (Université de Londres, 25-29 septembre 1908), édités par Gustav Spiller, secrétaire général du Congrès, 1 vol. in-8 de xxx-404 p. – Record of the Proceedings (Compte rendu de ce congrès), 1 vol. in-8 de 80 p. Londres, David Nutt, 1908. – Si le succès d’un Congrès se mesure au nombre de ceux qui y participent activement, à leur zèle, pour apporter les résultats de leur expérience individuelle ou nationale, pour définir leurs espérances et leurs plans, peu de congrès auront eu le succès du premier congrès qui fut consacré cet automne dernier aux questions de l’éducation morale. Grâce à la parfaite méthode des organisateurs, près de cent cinquante résumés de communications purent être réunis avant l’ouverture du Congrès : elles forment la première des publications que nous signalons. Quelques semaines seulement après la clôture des séances, la seconde nous parvenait, contenant un bref sommaire des discours qui y avaient été tenus. Une seule communication fut imprimée en entier par une décision bien significative du Comité d’exécution, la communication du Dr F. Arthur Sibly sur la nécessité pour l’éducateur d’aborder avec les enfants les questions sexuelles, de les interroger en particulier et en toute confiance, de prévenir par ses paroles et par ses réflexions le double danger de l’ignorance et de la curiosité (The Teaching of Purity, p. 74-76). Essaierons-nous pour notre compte de dégager de cette vaste enquête des conclusions d’ensemble ? En matière pédagogique le détail est seul intéressant, la









formule n’a de prix que —par l’application. Peut-être serait-il oiseux de répéter comment une fois de plus la question s’est posée entre l’éducation morale indirecle et l’éducation morale directe (voir en particulier lacommunicalion du Dr F. H. Heỹvard, p. 12S). Disons seulement qu’on’a montré d’une façon ingénieuse par quelle diversité de moyens on pouvait assurer l’efficacité de la méthode indirecte en en multipliant les points d’appui dans le concret qu’on a, d’uii autre côté, souvent insisté sur la nécessité d’assurer à l’enseignement moral son autonomie en le rendant indépendant de tout postulat métaphysique ou religieux. Ce qui est sans doute plus intéressant à remarquer, c’est que, dans ce congrès international, les habitudes et les attitudes nationales se sont trouvées en présence et ont pris par leur confrontation une plus nette conscience d’elles-mêmes A cet égard, nous avons été frappés par le passage de ia communication d’un député rusFe ii la troisième Douma, Engrave de Kovalesky (vice-président de la Commission parlementaire de l’Instruction publique, Saïiit-Péiersbourg) ""• Deux nations, écrit-il, ont surtout attiré notre attention, car elles possèdent ce qui nous manque : l’Allemagne, notre voisine, nous a intéressés par la d iscipiiné de fer qu’elle a su introduire partout, dans son armée. dans son corps bureaucratique, dans le peuple même, introduire uniquement par l’influence de son excellente école, où les enfants sont élevés. L’autre pays, c’est l’Angleterre, où l’éducation a sudévelopper le caractère et la volonté (p. 37). En présence de ces réflexion ?, et de la lacune qu’elles impliquent, on se reportera naturellement à ce que les professeurs français avaient dit des principes de notre éducation, on y trouvera définie avec une remarquable netteté et une remarquable unanimité la caractéristique de l’attitude française « Les idées cornmunément admises par les honnêtes gens, la raison humaine, sous sa forme actuelle et vivante on ne voit pas sur quel autre fondement pourrait être établieTcâticalion morale à l’école » (p. 20). Telle est la thèse exprimée par M, Boutroux dans son rapport sur les Principes de l’éducation morale. M. Séàilles rappelle de son côté que l’éducation intellectuelle., bien comprise, est au cœur de l’éducation morale « Faire appel à l’attention, solliciter le jugement, ne présenter la vérité qu’avec ses preuves, c’est développer, avec la volonté qui lui est propre, le courage » (p. 296). Comment ces principes se sont traduits dans les faits par le développement de l’école laïque fondée sur le respect de torde conscience religieuse, par l’éducation morale dans les lycées de jeunes filles et par l’enseignement dans différentes classes de l’enseignement secondaire, c’est ce qu’ont cherché à montrer en particulier MM. Ferdinand Buisson (p. 189), Frédéric Rauh (p. 330),