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du milieu social : c’est la socialisation. Elles se déspiritualisent en aboutissant à l’automatisme ; elles se désocialisent en entrant en désaccord avec la collectivité. Sous l’influence de la spiritualisation et de la socialisation, les tendances souvent dévient et quelquefois se pervertissent. Spiritualisation et socialisation sont des acquisitions toujours précaires qui tantôt se renforcent l’une l’autre, tantôt, au contraire, entrent réciproquement en lutte. Tel est le thème que développe longuement M. Paulhan d’abord d’une manière générale, puis sur l’exemple particulier de la tendance sexuelle, où se manifeste l’échec subi par l’humanité dans la spiritualisation et la socialisation des tendances faute d’une organisation générale d’où individu et société puissent tirer une unité réelle.

La Psychologie sociale, par G.-L. Duprat, in-16, 369 p., Encyclopédie scientifique, Paris, Doin, 1920. — La psychologie sociale est l’étude de l’être concret qui ne relève ni de la psychologie, ni de la sociologie pure, mais qui suppose l’observation du psychisme dans la société et de la vie collective à travers le psychisme individuel. L’auteur examine successivement les actions et les réactions qui s’exercent entre le milieu collectif et les instincts, les sentiments, l’activité psycho-motrice, l’intelligence, les croyances, et condense le résultat de sa recherche en cent huit lois psychosociologiques, qui, à en croire la préface, ne seraient encore, il est vrai, que des hypothèses. Quelques-unes de ces lois constituent une éthologie tant nationale qu’individuelle, l’éthologie n’étant réalisable que par la psychologie sociale.

Les Idées politiques en France au XVIIIe siècle, par Henri Sée, 1 vol. in-8, de 262 p., Paris, Hachette, 1920. — Le livre de M. Sée devait figurer primitivement dans la collection intitulée l’Histoire par les Contemporains, collection dont le but était, sur les principales questions historiques, de présenter aux jeunes gens des Facultés et des lycées les textes essentiels, accompagnés de l’appareil critique et bibliographique strictement indispensable. Les circonstances n’ont pas permis aux éditeurs de le laisser dans son cadre ; mais il reste tel qu’il était écrit. De là cette multiplicité des titres, des sous-titres, des citations, qui peut surprendre le lecteur au premier abord. Qu’on ne cherche point dans ce volume des idées originales, c’est un recueil de textes, un manuel d’enseignement supérieur, où l’on trouvera les pages maîtresses des écrivains politiques du xviiie siècle, et les références nécessaires à qui voudrait se documenter davantage. Considéré comme, tel, l’ouvrage est excellent, clair, probe, averti, tel qu’on pouvait l’attendre d’un pareil travailleur.

Une lacune pourtant et qui trahit le défaut de nos connaissances. Rien sur le monde parlementaire dont l’influence sur l’histoire des idées comme sur celle de la vie politique a été considérable. Les cours souveraines ont instruit des procès, mais surtout celui du pouvoir royal, qu’elles devaient défendre. Ceux que la justice intéressait ont voulu la rendre plus humaine, et l’on rencontre parmi eux des réformateurs qui font songer à Beccaria. Ceux qui s’occupaient de politique, — et c’était tout le monde, — cherchaient des armes contre le pouvoir absolu. Ils étaient à l’affût de tout ce qui pouvait leur servir. Distinction de pouvoirs qui devaient « s’équilibrer », se « balancer » pour assurer la liberté des sujets et la prospérité du royaume, — distinction de lois fondamentales, non écrites, mais naturelles et sacrosaintes, et de lois humai ries ou écrites, — distinction de la légalité et de la légitimité, on trouve tout cela dans leurs Remontrances, bien avant Montesquieu, bien avant Rousseau. Et comme ces remontrances ont été connues et commentées partout, c’est une des influences dont il faut tenir le plus grand compte, surtout si l’on songe que des rangs des juristes sont sortis non seulement Montesquieu, Dupaty, Hénault, et tant d’autres écrivains, mais aussi Treilhart, Thouret, Target, Duport, Danton et Robespierre.

Le rôle de l’osmose en biologie, Essai de physique végétale, par Leclerc du Sablon, 1 vol. in-18 de 190 p., Paris. Flammarion, 1920. — La découverte du phénomène de l’osmose par Dutrochet, en 1828, a été le point de départ de travaux qui ont profondément transformé la physiologie. Un fait purement physique, déterminé par des lois exclusives de toute finalité, est devenu un principe d’explication d’une remarquable fécondité, notamment en ce qui concerne les fonctions de la vie végétale. M. Leclerc du Sablon a eu l’heureuse idée de rassembler dans ce recueil les divers résultats qu’on peut aujourd’hui considérer comme définitivement acquis. Son résumé, clair et précis, constitue un chapitre très captivant de biologie générale.

Tous les échanges des cellules, soit entre elles, soit avec le milieu extérieur, sont régis par les lois de l’osmose. Le