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– 22 – dans l’hérédité. Il convient, en présence de ces faits, d’abandonner la théorie, si longtemps en faveur, qui voyait dans les chromosomes seuls les supports et les véhicules de l’hérédité. G. Palmke. Psychologie du scandale (juillet 4009}. – Dans cette étude M. Palante analyse avec pénétration et finesse l’idée dè’seandale, ses caractères, ses différentes espèces, son intensité et sa durée, sa fonction et sa signification sociales. Au sujet des thèses de Ihering et de Durkheim, qui définissent le scandale en fonction de l’intensité de la conscience morale dans un groupe donné, il croit devoir faire des réserves. La notion du scandale déborde de beaucoup la sphère de la morale; elle se réfère à des intérêts de- groupe, à, des conformismes et à des hypocrisies collectives qui varient avec les différents milieux; aussi la notion du scandale est-eïïe beaucoup moins simpliste que celle de la faute morale, du délit et du crime. L’ « hypocrisie de groupe est un fait essentiel; en méconna.it.re l’importance empêche de comprendre la vraie nature du scandale, surtout de nos jours et dans nos milieux. Le scandale, aujourd’hui, parait être en régression sur le chapitre des mœurs et de la vie sexuelle. En revanche, il gagne du terrain dans la vie politique, et tend à jouer un rôle de plus en plus grand dans les pays démocratiques. En socialisme, prolongement naturel de la démocratie, la force de l’opinion serait sans doute écrasante. J. Besghamps. La comparaison mathématique (aoM 1909}.:– Essai sur l’idée de rapport. Le procédé le plus général Remployé dans la construction de l’édifice mathématique est la comparaison. L’idée de rapport exprime le résultat de la comparaison de deux grandeurs. L’auteur s’attache à mortrer que c’est là le concept originel dans l’claboration des idées mathématiques; qu’il faut se garder de le confondre, comme on le fait dans les exposés élémentaires, avec les idées de division et de fraction; quVn ce qui concerne la mesui-e, il faut la définir par k rapport et non le rapport par la mesure, contrairement à la définition du rapport donnée dans nombre de traites d’arithmétique bref, que l’on ne saurait trop insister dans l’enseignement sur cette notion fondamentale, délicate et complexe, Comment se fait-il, demandait il. Poincaré dans Seience H méthode^ qu’il y ait tant d’esprits qui se refusent à comprendre les mathématiques? » A quoi M. Deschamps de répliquer, non sans raison peut-être « Comment se fait-iî dont la norme de vie est la plus basse, et où les entrepreneurs trouvent à compléter la main-d’œuvre nécessaire pour continuer régulièrement letirs entreprises et être en mesure de pourvoir à, la demande de leurs produits. » V. Ekmosi. Le c/iristianisme est-il un syncrétisme? (février et avril d909). La critique radicale de certains eségètes contemporains aspire à déclasser le. christianisme et à le déposséder de sa place d’honneur. A les en croire, le christianisme serait un simple synerétisme des religions antérieures. 11 se serait assimilé tous les courants religieux qui sillonnaient, au moment de son apparition, le monde de la pensée. Son principal mérite serait de leur avoir donné une expression plus haute et de les avoir présentés sous une forme originale. Ce n’est plus, d’ailleurs, au nom de la philosophie que t’école critique s’efforce d’établir cette thèse; c’est en s’appuyant directement sur des documents "historiques. M. Ermoni s’attache à montrer que ce système d’explication simpliste. ne saurait satisfaire à toutes les données du problème. Les analogies et les rapprochements qu’il est si .aisé de faire en matière de religions comparées ne doivent pas -être pris pour des Identités’et des relations de filiation. ,N1 sur le terrain dogmatique, ni sur le terrain éthique, ni sur celui des rites et du culte, l’hypothèse du syncrétisme ne fournit des raisons suffisantes et convaincantes. L’Église a fait autre chose que s’installer dans le lit du paganisme ou marcher dans son sillage. Elle n’a pas non plus tout bouleversé, tout aboli et tout rénové. La vérité est entre ces deux thèses extrêmes et exclusives. ̃ A. Braomt. L’hérédité dans Ptsuf (juin •1809). La question de l’hérédité se pose plus que jamais devant la science moderne. Les expériences faites depuis plusieurs années tendent à réduire l’importance que l’on accordait exclusivement aux substances nucléaires en les «onsidérant comme les substrats uniques de l’hérédité. Les recherches de Roux, de Fischel, de Wilsori, de l’auteur et de Godlewski ont montré que le cytoplasme a un rôle au moins aussi important dans la formation de l’embryon. L’osisf énucléé â’Eehirius peut être fécondé par un spermatozoïde du crinoïde (AtUedon);. bien que ne possédant que la chromatine d’origine paternelle, il produit, tout au moins pour un certain nombre de phases de la segmentation, un organisme conforme au type maternel; ici donc la chromatine spermatique ne joue aucun rôle