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ne rencontra aucune opposition de la part des Russes. L’armée d’Okou allait arriver à distance de tir ; les 5e et 3e divisions se trouvaient en face des positions russes, et c’est à ces deux divisions qu allait incomber la tâche de s’emparer des lignes de Chiouchanpou. L’effectif dont elles disposaient pour cette attaque comprenait 10 régiments d’infanterie (8 d’active et 2 de réserve) à 3 bataillons, soit 20 000 hommes environ. L’artillerie comptait les 36 pièces de campagne de la 3e division, les 36 pièces de montagne de la 5e et 36 obusiers de campagne appartenant à l’armée territoriale : en tout 108 canons, presque le double de l’artillerie de la défense. Les canons japonais des divisions actives sont du modèle Arisaka, de 75 millimètres, à tir accéléré, enregistrant le recul sur des freins élastiques, mais nécessitant sinon une remise en batterie, du moins un nouveau pointage après chaque coup. Les obusiers de la territoriale sont de vieilles pièces de bronze adhérant à une plate-forme : tout le système saute en arrière au départ du coup ; il est remis en batterie grâce à des roues mobiles se glissant sur deux fusées. Ces canons sont portés sur des espèces de brouettes traînées par des équipes de quatre hommes.

La cavalerie des deux divisions leur avait été enlevée pour couvrir le flanc droit de la 5e et maintenir le contact avec la 10e ; elle ne joua aucun rôle dans l’attaque, non plus que les divisions de gauche (4e et 6e), qui se bornèrent à un combat traînant contre les corps d’infanterie et la nombreuse cavalerie russe dispersés, au delà du chemin de fer, dans la plaine du Liao.

Dès l’après-midi du 29, les lignes japonaises avaient franchi le Cha-Kho. L’avant-garde de la 5e division s’engageait dans le défilé de Loulaoutchouan, dont la pente s’élève graduellement vers les pitons E, F, G. Pendant la nuit, toute la division occupa le défilé, et son artillerie de montagne se mit en position : 3 batteries sur le point H et 3 autres sur le sommet I, qui dominait d’une vingtaine de mètres la gauche de la ligne russe. Toutes les pièces étaient défilées en arrière des crêtes ; comme l’artillerie adverse, elles étaient dans l’impossibilité d’exécuter aucun tir direct. Avant le lever du jour, le 1er bataillon du 4e d’infanterie, appuyé par le reste du régi-