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japonaises et occupaient les villages d’Anping et d’Anchantien. Les armées japonaises placées sous le commandement général du maréchal Oyama comptaient huit divisions, disposées comme suit de la droite à la gauche : 12e, 2e, garde impériale, formant la première armée ; 10e, 5e, formant la deuxième armée ; 3e, 6e et 4e, formant la quatrième armée. A cet effectif, il faut ajouter deux brigades d’artillerie et une de cavalerie non endivisionnées. La quatrième et la deuxième armées se touchaient ; la première, par contre, était séparée de la deuxième par un vide de plusieurs kilomètres. Le plan du maréchal Oyama consistait à attaquer vigoureusement sur tout le front pour maintenir l’ennemi, puis à agir par la droite, afin de le déborder et de rejeter la gauche russe sur son centre, puis de prolonger cette marche sur les derrières des Russes et de couper leurs communications avec Moukden.

Le mouvement commença dans la nuit du 25 août. Anping fut occupé le lendemain, sans grandes difficultés. Le général Okou rencontra une résistance, plus énergique à Anchantien qui ne fut occupé que le 28. Le 29, les forces japonaises arrivaient en face de la première ligne défensive des Russes : elles commencèrent leur marche d’approche dans la soirée. Avec la première armée, dès le lendemain, le général Kouroki occupa la portion de la ligne qui se trouvait devant, mais il hésitait à continuer son mouvement en avant, qui l’éloignait du reste de l’armée. Aussi, pour appuyer le mouvement de Kouroki, le général Okou reçut-il l’ordre, le 31 au matin, d’enlever coûte que coûte les lignes de Chiouchanpou (c’est sur l’attaque de ces lignes par le général Okou que j’insisterai tout à l’heure). A midi, la 3e et la 5e division prenaient d’assaut la plupart des tranchées et, dans la nuit, les Russes devaient se replier, autour de Liaoyang, sur leur deuxième position de défense.

Cette évacuation des lignes de Chiouchanpou permit à la première armée japonaise de reprendre sa marche vers le nord. Le 1er septembre, elle franchissait le Taïtsého et se portait immédiatement contre les positions de Yentaï pour déborder la gauche russe. Mais le général Kouropatkine, se rendant compte du danger qui le menaçait, porta vers sa gauche toutes ses réserves et réussit à faire échouer le mouvement tournant