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ressant l’art militaire ont été traitées, depuis la stratégie à grande envergure jusqu’à l’équipement du soldat. On ne trouvera ici que l’étude d’un seul problème, mais le plus important de tous, celui duquel découlent tous les autres : étant donnée une position défendue par l’infanterie et l’artillerie, comment une force de même composition doit-elle attaquer ?


I


La première étude, qui suivit la guerre des Boers, fut, au mois de septembre 1901, un article dans la Revue des Deux Mondes, intitulé : les Tendances nouvelles de l’armée allemande. Deux autres articles du même auteur parurent au cours de l’année suivante. L’un ne concernait que la cavalerie ; l’autre avait pour titre : Quelques enseignements de la guerre sud-africaine. Dans celle-ci l’auteur, que l’on a dit plus tard être le général de Négrier, déclare que les anciens principes ont été rendus inutilisables par l’armement à tir rapide ; il veut que l’instruction de la troupe « soit faite sur des bases nouvelles ; l’armée qui saura profiter de l’expérience acquise par deux années de sanglantes leçons, évitera les sacrifices au prix desquels cette expérience a été acquise. » L’étude se divise en deux parties : la première rappelle les conditions de la guerre sud-africaine et en décrit les péripéties ; la seconde énumère les idées nouvelles de l’armée anglaise et les conclusions de l'auteur :

La guerre de masses du commencement du XIXe siècle, qui reste actuellement en honneur dans la plupart des armées européennes, va se trouver remplacée par la guerre de rideaux et par les opérations combinées de nombreuses colonnes mixtes.

La puissance du fusil et l’invisibilité des buts rendent les fronts difficilement abordables par des attaques brusquées. La décision du combat doit être cherchée dans la combinaison des feux de front et d’écharpe : l’enveloppement à grande distance, suivi d’une action concentrique, réalise souvent cette condition. Toutefois, cette manœuvre peut ne pas suffire pour chasser l'adversaire. surtout s’il porte, des forces au-devant de celles qui le débordent. L’assaillant est alors ramené à chercher la décision dans le combat de front.