Page:Revue de Paris, 12è année, Tome I, Jan-Fév 1905.djvu/354

Cette page a été validée par deux contributeurs.
***

Que survint-il dans les deux mois qui suivirent cette dernière reprise de bon accord et d’harmonie ? Y eut-il entre les deux hommes quelque pénible explication où s’échangèrent de mutuels reproches ? Y eut-il de la part de Sainte-Beuve résolution soudaine, pour une cause ancienne ou nouvelle ? On ne sait, mais le certain, c’est qu’à la fin de mars une lettre de lui, une autre lettre violente, rompit tout. Nous ne l’avons pas, celle-ci, mais elle devait être plus offensante encore que celle du 21 août, et il n’est pas douteux qu’elle ne fût irréparable. La rupture, cette fois, s’imposait définitive ; la récidive ne laissait plus rien à espérer. Victor Hugo, navré, fit à cette lettre la réponse triste et digne que voici :


« Mardi soir, 1er avril [1834].

» Il y a tant de haines et tant de lâches persécutions à partager aujourd’hui avec moi, que je comprends fort bien que les amitiés, même les plus éprouvées, renoncent et se délient. Adieu donc, mon ami. Enterrons chacun de notre côté, en silence, ce qui était déjà mort en vous et ce que votre lettre tue en moi. Adieu.

» v.»


Gustave Simon

(La fin prochainement)