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chaque matin des nouvelles ; mais c’est enfantillage à moi de vous dire cela ; n’en riez pas trop.

Tout à vous de cœur, mon ami,
Sainte-Beuve


C’est que Sainte-Beuve ne se décourage pas ; il veut rendre à Victor Hugo encore un service littéraire. Renduel publie une édition nouvelle des romans du poète : Sainte-Beuve écrit l’article annoncé dans la lettre précédente et l’envoie, inédit, à Victor Hugo. Dans le post-scriptum de la lettre qui l’accompagne, autre invite : voilà Cousin qui, ignorant le cruel arrêt, voulait emmener Sainte-Beuve dîner chez Victor Hugo avec lui ! Hélas ! il y faudrait l’agrément de Victor Hugo…

Ce samedi 6 heures.

Voici, mon cher ami, ce méchant article que je vous ai tant fait attendre. Vous verrez que Notre-Dame la critique y a pris ses ébats sur Notre-Dame, et que c’est presque un article méchant. S’il vous paraît toutefois trop faux sur quelque point, soyez assez bon pour me le faire dire par Renduel ou par un mot de vous. S’il peut rester dans quelque journal, aux Débats ou ailleurs, seriez-vous assez bon pour demander ou faire demander comme condition qu’on m’envoie l’épreuve, car c’est très essentiel pour un article de cette sorte, si l’on ne veut pas qu’il arrive au public parfaitement ridicule. Il faut prendre garde aussi d’en perdre, car il ne m’en reste qu’une incomplète copie.

J’espère, mon ami, que vous allez bien, vous et les vôtres. Je vous serre les mains. Dites-moi que vous me pardonnez cet article.

Tout à vous de cœur,
Sainte-Beuve

Cousin que j’ai rencontré au Luxembourg l’autre après-midi m’a fait mille sortes d’amitiés et d’éloges pour vous ; il voulait presque m’emmener dîner chez vous avec lui : il m’a causé prodigieusement de Gœthe, et après Gœthe de vous.

Ce « méchant article », Victor Hugo veut user de son influence près de M. Bertin pour le faire insérer au Journal des Débats. Sainte-Beuve lui écrit :