Page:Renard - Outremort et autres histoires singulières, Louis-Michaud, 1913.djvu/264

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
260
LA GLOIRE DU COMACCHIO

torchères illuminaient le cortile, chacune concourant à ce but.

À l’entrée des nouveaux venus, un concert de musique se fit entendre sur la galerie, et ceux qui les avaient devancés les saluèrent. Alors il y eut aux parages des statues la plus courtoise mêlée du monde ; les toques à médaille confondirent leurs panaches, la soie des simarres brochées crissait sur le taffetas des justaucorps, et les belles épées, dans leurs fourreaux de cuir, se donnaient des caresses.

Il fallut se taire. On attendit le jugement de Son Altesse. Il ne tarda. Le duc, ayant tourné suffisamment, prononça :

— « Bellissima ! C’est là, de point en point, ce que je voulais. Bravo ! Tu as bien suivi mes indications. Elle fera merveille demain sur la place. Bellissima, encore un coup ! »

Baccio, comblé, lui baisa la main.

Ce fut le signal de l’alleluia. Chacun se récria sur l’idée astucieuse des trois statues ; et pour l’Andromède, dès que l’on connut l’agrément du duc et qu’il avait participé à l’inspiration du chef-d’œuvre, le superlatif bellissima fut tant de fois redit, qu’on se serait