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LA GLOIRE DU COMACCHIO

Andromède qui puisse affronter la mienne ? »

— « Si. Dans un sens. »

— « De qui le tiens-tu ? »

— « Son palais avoisine ma maison, là-bas, près de la Porte de la Mer. Depuis quelque temps j’avais surpris des allées et venues dans le jardin. Baccio faisait construire une espèce de cahute. Or, voila qu’une épaisse fumée s’en échappa durant plusieurs jours, sans relâche. La nuit, des reflets de fournaise empourpraient les verdures. Aucun doute : il fondait une pièce d’importance. Hier, une servante, soudoyée, m’ouvrit la poterne. J’ai pu voir la statue. »

— « Et tu l’estimes ?… »

— « Fort au-dessous de la présente, mais pourtant remarquable. Par l’effet d’un prodige, deux titans revivent en vous deux à l’improviste : Michelagnolo Buonarotti et Benvenuto Cellini… Mais vous n’êtes pas Michelagnolo, de qui l’étoile en imposait, et la statue de Baccio, étant de l’école de Cellini l’orfèvre, répond mieux au souhait du prince comme au désir populaire. »

Et Cesare anxieusement :