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LE BROUILLARD DU 26 OCTOBRE

l’ombre de ses dessous à droite et à gauche de la caverne. Je ne pus retenir un hoquet de stupeur : cette ombre aussi était ponctuée de regards aux luisances mordorées ! Il y en avait deux au bas de chaque poire pantagruélique. Il y en avait des centaines. Et la forêt Argus nous épiait de tous ses yeux fascinateurs.

L’idée que les poiriers n’étaient pas végétaux me traversa l’esprit comme une araignée velue.

Mais Fleury-Moor parla selon la sagesse :

— « Vos poires », dit-il, « sont tout bonnement des chauves-souris. Ce sont des vampires géants qui, la tête en bas, dans leur posture consacrée, se tiennent agrippés aux branches de ces candélabres et au plafond de la caverne. Mais ils doivent être diurnes, parce que, voyez-vous, je gage que vos soi-disant goélands ne sont aussi que des vampires. Ceux qui nous environnent font la sieste, probablement. »

— « Vous voulez dire qu’ils s’éveillent ! »

J’aurais préféré n’avoir pas à rectifier. La chauve-souris commune me dégoûtant jusqu’à