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LES NUITS CHAUDES DU CAP FRANÇAIS


autrefois… Allons, passons. Dans l’attitude de Mlle Antoinette, je m’imagine qu’il y a beaucoup d’inconscience. Vous m’avez raconté que vous l’aviez trouvée évanouie. Elle n’a donc rien senti pendant l’opération, heureuse enfant ! À moins, au contraire, qu’elle n’ait éprouvé beaucoup de plaisir. D’où sa réserve. La coquine tient à garder ses sensations pour elle. Voulez-vous que je vous donne un bon conseil, madame : il ne manque pas de beaux partis au Cap, mariez la demoiselle ; elle est en âge. Vous ferez une excellente action. Mais d’abord, n’est-ce pas, renvoyez Figeroux.

— Pourquoi parlez-vous de Figeroux au sujet d’Antoinette ? m’écriai-je toute en fureur.

En vérité cet homme a des paroles si grossières que j’avais envie de le gifler et de le mettre à la porte, lui et ses bons conseils. Mais pour son bonheur et pour ma plus grande angoisse, est survenu un incident qui m’a fait oublier tant de cynisme et de rusticité.

Tout à coup, comme il considérait la plantation, il s’est levé brusquement et, m’attirant derrière le vantail de la fenêtre ouverte, protégée de rideaux légers de manière à laisser voir au dehors et à vous dérober aux passants :

— Regardez Zinga ! m’a-t-il chuchoté à l’oreille.

La négresse était encore mieux vêtue, plus élégante et plus parée qu’au soir où je l’avais surprise dans la chambre d’Antoinette. Sa chemisette fine au col de