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quelquefois même les hommes, peuvent devenir électriques au point de jeter des étincelles lorsqu’on les frotte, et cette observation est très ancienne.

On lit dans les Extraits de la vie du philosophe Isidore, écrite par Damascius, que de nombreuses et fortes étincelles s’élançaient du cheval de Sévère quand on le maniait, et qu’on remarqua la même chose dans l’âne que montait Tibère, lorsque ce prince étudiait la rhétorique à Rhodes ; qu’il partait des étincelles du corps de Balinéris, père de Théodoric, roi d’Italie ; qu’un phénomène analogue arrivait à Damascius lui-même pendant qu’il mettait ou quittait ses vêtements, mais que d’autres fois les flammes paraissaient fort sensiblement sur ses habits, sans rien brûler. Il dit aussi avoir vu un homme qui, en se frottant la tête avec une pièce de drap rude, en faisait sortir des étincelles et même des flammes.

Le maréchal Vaillant, dans une communication à l’Académie des sciences, a fait également remarquer que son corps produisait facilement des étincelles.

« Pendant longtemps, dit-il, surtout de 1818 à 1830, lorsqu’il faisait un froid vif et sec, ce qu’on appelle un beau froid, et que je rentrais dans ma modeste chambre, sans feu, après avoir passé la soirée soit dans un cabinet de lecture, soit chez des amis, dans des lieux bien chauffés, surtout lorsque j’avais marché vite et un peu longtemps, j’étais témoin et sujet d’apparitions électriques que m’ont rappelées celles de New-York.

« Au moment où j’ôtais ma chemise, elle pétillait, devenait toute lumineuse, une multitude d’étincelles s’en échappaient de toutes parts, les deux pans se collaient