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vient ainsi le messager des astres, le confident des espaces infinis, le télégraphe des distances incalculables, le révélateur des choses les plus cachées, et même un dénonciateur implacable.

VI.

Les phénomènes que présentent les interférences lumineuses sont des plus curieux, des plus étranges, des plus incroyables pour ceux qui ne sont pas au courant des découvertes de l’optique.

Supposons qu’un rayon de lumière solaire vienne rencontrer directement un écran quelconque, une feuille de papier blanc, par exemple.

Il va sans dire que la partie du papier que le soleil frappera sera resplendissante. Mais ce qui paraît incroyable, c’est que l’on peut rendre cette partie resplendissante complètement obscure sans toucher au papier, et sans arrêter ni diminuer le rayon lumineux qui l’éclaire, au contraire, en l’augmentant même.

Le procédé magique qui change ainsi la lumière en ombre, le jour en nuit, est plus surprenant encore par sa simplicité que par ses prodigieux effets ; ce procédé consiste à diriger sur le papier, mais par une route légèrement différente, un second rayon lumineux qui, pris isolément aussi, l’aurait fortement éclairé.

En se confondant les deux rayons sembleraient devoir produire une illumination plus vive ; eh bien ! chose étrange, cette lumière ajoutée à cette autre lumière