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émane d’une matière fortement échauffée, mais encore obscure, ainsi que celle qui se trouve mêlée aux rayons lumineux d’un corps médiocrement incandescent, sont arrêtées presque en totalité dans leur trajet au travers de la lame de verre la plus transparente.

Les ouvriers fondeurs qui ne regardaient la matière incandescente de leurs fourneaux qu’à travers un verre de vitre ordinaire, pensant, à l’aide de cet artifice, arrêter seulement la chaleur qui eût brûlé leurs yeux, avaient donc raison contre les railleries des prétendus savants.

Plus tard, on découvrit dans la lumière solaire des rayons calorifiques obscurs dont l’existence ne saurait être constatée qu’avec le thermomètre, et qui peuvent être complètement séparés des rayons lumineux à l’aide du prisme.

Il y a donc des corps diaphanes, c’est-à-dire qui sont traversés par les rayons lumineux, et il y en a qui sont diathermanes, c’est-à-dire traversés par les rayons calorifiques.

Les mêmes corps n’ont pas toujours ces deux propriétés au même degré : l’eau, par exemple, laisse passer moins de chaleur que l’huile ; un morceau de cristal d’un décimètre d’épaisseur transmet plus de la moitié de la chaleur ; une lame d’alun très transparente, d’un millimètre, n’en laisse passer qu’un sixième.