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sur le prix d’astronomie, le 18 mai 1868, M. Delaunay fait observer que M. Schiaparelli, à qui a été décernée la médaille de la fondation Lalande, « a ouvert une voie toute nouvelle, qui doit conduire les astronomes aux conséquences les plus importantes relativement à la constitution de l’univers. » Quelque temps après, M. Le Verrier, en se fondant sur le mouvement rétrograde des étoiles de novembre, est arrivé aux mêmes conclusions que M. Schiaparelli.

Ainsi, M. Schiaparelli d’abord et M. Le Verrier ensuite sont parvenus, par des voies différentes, à la même conclusion ; pour eux les étoiles filantes proviennent de la désagrégation de vastes amas de matière cosmique, pénétrant dans notre système à la manière des comètes, et subissant ensuite une désagrégation totale sous l’action perturbatrice du soleil ou d’une grosse planète. Il en résulterait, d’après eux, la dispersion de ces matériaux le long de l’orbite décrite par le centre de gravité primitif de l’amas, dispersion qui finirait même avec le temps par constituer un véritable anneau.

Deux découvertes faites coup sur coup par M. Schiaparelli et M. Peters, sur les deux orbites dont nous venons de parler, ont frappé de surprise le monde savant. À peine étaient-elles obtenues, qu’on y remarqua une étonnante coïncidence ; on y reconnut trait pour trait les orbites, récemment calculées par M. Oppolzer, de la grande comète de 1862 et de la première comète de 1866.

On admet donc que ces deux amas cosmiques contenaient chacun une comète à leur entrée dans notre sys-