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vitesse égale à cinq fois et demie celle d’un boulet de canon.

Cette hypothèse explique la direction oblique que les aérolithes suivent dans leur chute ; car, une fois la limite de l’attraction de la lune dépassée, la pierre lancée devient un satellite de la terre, et, par suite des perturbations qu’elle éprouve, finit par tomber à sa surface.

3° Chladni admit que les aérolithes étaient des fragments de planète ou même de petites planètes qui en circulant dans l’espace, étaient entrées dans l’atmosphère terrestre, y avaient perdu graduellement leur vitesse par l’effet de la résistance de l’air, et venaient enfin tomber à la surface de la terre.

Cette hypothèse, qui fait des aérolithes des astéroïdes, ou petites planètes, nom donné autrefois à Cérès, Pallas, Junon et Vesta, circulant par milliards autour du soleil, et ne devenant visibles qu’au moment où elles pénètrent dans notre atmosphère et s’y enflamment, peut expliquer la plupart des circonstances qui précèdent et qui accompagnent la chute des pierres météoriques.

M. St. Meunier, qui a fait une étude toute spéciale de la nature des météorites, dit, après avoir exposé les principes auxquels il est arrivé : « Il en résulte, toute hypothèse mise à part, que les météorites dérivent d’un astre, aujourd’hui désagrégé, dont ils constituent les débris[1]. »

  1. Comptes rendus de l’Académie des sciences, 2e semestre 1870. — Voir également le Ciel géologique, du même auteur, où ses idées sont développées.