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que l’incendie de la houille procurait une source inépuisable de richesses, et l’aliment d’une branche importante d’industrie dans un pays qui était dépourvu auparavant de toute espèce de manufacture.

L’embrasement des houillères, qui s’étendent sous les deux tiers du département de l’Aveyron, donne une si grande abondance d’alun que toute la France pourrait en être pourvue. Ces houillères sont recouvertes et soutenues par un schiste argileux et tendre rempli de pyrites de fer.

L’humidité qui pénètre à travers ce schiste jusqu’au charbon de terre, cause quelquefois une fermentation qui finit par un incendie.

Le soufre sublimé provenant des vapeurs sulfureuses et de divers gaz, qui se développent dans l’embrasement, vient couvrir les parois des fentes et des gerçures ; les acides agissent sur les rochers qui touchent aux bancs de houille, et les décomposent ; il se forme des cristaux alumineux ; la silice, le feldspath, etc., subissent une dernière fusion, et l’on voit naître des émaux, des morceaux de fer, des espèces de porcelaine, enfin des matières fondues et colorées des plus belles teintes.

C’est dans le canton d’Aubin qu’il va le plus d’incendies souterrains et le plus d’alun. Deux montagnes, celles de Fontaynes et de Buègne, y sont surtout en proie au feu dévastateur.

La première a environ cent trente mètres de hauteur. À mi-côte, on voit une grande crevasse, de forme elliptique, qui renferme dix-huit petits cratères groupés sur trois points. Pendant le jour, le feu n’est pas visible ; mais dans l’obscurité de la nuit tout le gouffre paraît être