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et les autres qui avaient veillé. Ils tiennent conseil et délibèrent s’ils se renfermeront dans la maison, ou s’ils erreront dans la campagne, car les maisons étaient tellement ébranlées par les effroyables tremblements de terre qui se succédaient qu’elles semblaient arrachées de leurs fondements, poussées dans tous les sens, puis ramenées à leur place. D’un autre côté, on avait à craindre, hors de la ville, la chute des pierres, quoiqu’elles fussent légères et minées par le feu. De ces périls on choisit le dernier … Ils attachent donc avec des toiles des oreillers sur leurs têtes ; c’était une sorte d’abri contre les pierres qui tombaient.

« Le jour recommençait ailleurs, mais autour d’eux régnait toujours la nuit la plus épaisse et la plus sombre, sillonnée cependant par des lueurs et des feux de toute espèce. On voulut s’approcher du rivage pour examiner si la mer permettait quelque tentative : mais on la trouva toujours orageuse et contraire. Là, mon oncle se coucha sur un drap étendu, demanda de l’eau froide et en but deux fois. Bientôt des flammes et une odeur de soufre qui en annonçait l’approche mirent tout le monde en fuite et forcèrent mon oncle à se lever. Il se lève, appuyé sur deux jeunes esclaves, et au même instant il tombe mort[1]. »

On trouve dans le bel ouvrage de M. de Lagrèze des détails du plus vif intérêt sur ces événements si grandioses et si tragiques ; nous lui empruntons deux gravures : la mort de Pline et Pompéi à vol d’oiseau[2].

  1. Traduction de Cabaret-Dupaty.
  2. Pompéi, les Catacombes, l’Alhambra, librairie de Firmin-Didot et Cie.