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plus belle que l’on ait vue jusqu’ici en Europe. Elle a commencé vers les cinq heures du soir et s’est terminée vers les deux heures du matin. Elle a été également visible en Asie, en Afrique et en Amérique, M. Fron, qui l’a observée à l’Observatoire de Paris, dit, dans sa note à l’Académie des sciences, que, vers six heures du soir, les variations de l’aiguille aimantée étaient telles que la lecture en était impossible ; l’aiguille d’inclinaison avait atteint au minimum 65 degrés et demi environ. Vers les neuf heures, les mouvements de l’aiguille de déclinaison sont très bizarres. L’aiguille semble hésiter pour s’avancer dans une direction, elle tâtonne pour ainsi dire, puis tout à coup avance de quelques divisions, hésite de nouveau, pour repartir dans la même direction. À d’autres moments de la soirée, l’aiguille parcourt à peine une division de l’échelle, mais elle est animée d’un mouvement vibratoire très rapide. Cette aurore a été visible dans une partie très considérable de l’Europe ; les nouvelles reçues à l’Observatoire des stations météorologiques montrent qu’elle s’est étendue sur l’Angleterre, la Belgique, l’Italie, l’Espagne, la Turquie ; tous les renseignements n’étaient cependant pas encore parvenus. Des dépêches annonçant des perturbations magnétiques et des perturbations sur les lignes électriques ont également été adressées. D’après une dépêche de M. le directeur des lignes télégraphiques, la perturbation s’est fait sentir à partir de trois heures trente minutes, d’abord sur les lignes de l’Est, Allemagne, Autriche ; vers quatre heures, les lignes de la Suisse étaient atteintes, et le phénomène s’est rapproché successivement de Paris, en passant par