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Ici blanchit l’argent et là jaunit l’opale.
Là se mêle à l’azur la pourpre orientale ;
Tantôt en arc immense ils prennent leur essor,
Roulent en chars brûlants, flottent en drapeau d’or,
S’élancent quelquefois en colonnes superbes,
S’entassent en rochers ou jaillissent en gerbes,
Et variant le jeu de leurs reflets divers,
De leur pompe changeante étonnent ces déserts.

(Delille.)

Après quelques heures, et d’autres fois après quelques instants, la lumière s’affaiblit peu à peu, les fusées ou les jets deviennent moins vifs et moins fréquents, la couronne s’efface, et bientôt l’on n’aperçoit plus que des lueurs incertaines qui se déplacent et disparaissent insensiblement.

Les aurores boréales ne sont pas circonscrites à notre atmosphère, car un de ces phénomènes ayant été vu à Saint-Pétersbourg, à Naples, à Rome, à Lisbonne et même à Cadix, et dans les lieux, intermédiaires, M. de Mairan, dans son Traité de l’aurore boréale, trouve que cette aurore était éloignée de la terre, en ligne verticale, au moins de cinquante-sept lieues, et probablement beaucoup plus. Il estime que ces sortes de phénomènes ont ordinairement entre cent et trois cents lieues d’élévation.

III.

Pendant le siège de Paris par l’armée prussienne, les deux aurores boréales du mois d’octobre ont répandu une