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ou sur les corps très éloignés. Ainsi tous les astres nous présentent des phénomènes de mirage par réfraction.

En traversant les couches successives de l’atmosphère, la lumière ne rencontre pas de changement brusque de densité, elle ne se brise pas non plus brusquement, comme, par exemple, en passant de l’air dans l’eau ou dans le verre ; elle suit une ligne courbe au lieu d’une ligne brisée. La réfraction que la lumière des astres éprouve en traversant les couches successives de l’atmosphère, nous fait jouir plus longtemps de leur présence sur l’horizon, car elle avance leur lever et retarde leur coucher. C’est à cette réfraction que nous devons l’aurore qui précède l’éclat du jour, et le crépuscule qui précède les ténèbres de la nuit.

La lumière qui vient de parcourir un milieu réfringent, et qui se présente pour passer dans un autre moins réfringent, s’arrête quelquefois à la surface de séparation des deux milieux, y subit une réflexion totale et repasse dans le milieu déjà parcouru. Ce singulier phénomène a lieu toutes les fois que les rayons se présentent sous une trop grande obliquité à la surface d’émersion.

Les phénomènes de réflexion totale et de réfraction dont nous venons de parler expliquent toutes les variétés des faits magiques connus sous le nom de mirage.