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punément avec un navire, au milieu de ces phénomènes terribles, sans l’exposer à de sérieuses avaries.

Pour un bâtiment à vapeur, toujours maître de sa manœuvre, fait remarquer très judicieusement M. Bridet, il n’est plus d’ouragan possible. Sans doute il peut être enveloppé dans le tourbillon et y rencontrer de violentes bourrasques ; mais plus de ces rafales terribles, plus de ces sautes de vent qui l’exposent ainsi que ceux qui le montent à une perte presque certaine.

Pour un capitaine instruit, un ouragan n’est plus qu’une trombe ordinaire, autour de laquelle il circule, s’en écartant ou s’en approchant selon que cela lui est utile.

Tout est prévu par lui : il sait d’avance quelle variation le vent doit présenter, quelle sera la violence des rafales, et il est sûr de n’être jamais fatalement entraîné au milieu de ce centre si dangereux, toujours la cause de désastres inévitables.

Non seulement le bâtiment n’a rien à craindre de ces ouragans jusqu’ici si redoutables, mais ils peuvent, au contraire, devenir pour lui un auxiliaire important.

Méprisant leur fureur, un capitaine peut aller chercher des vents favorables à sa route, et s’il ne lui est pas possible d’anéantir la puissance dévastatrice qui le menace, du moins peut-il, en la contournant, faire servir sa violence à le conduire au point de destination qui lui est assigné.

Un navire à voiles, il est vrai, n’est pas aussi libre dans ses mouvements. Le capitaine qui le commande peut être surpris par des calmes avant la venue de la tempête, et se trouver ainsi obligé de subir en partie le