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La découverte de leurs lois est donc un bienfait inestimable pour les marins et pour tous ; chaque nation est heureuse d’enregistrer la part qui revient à leurs savants dans cette magnifique conquête de l’intelligence.

Or, d’après la communication de M. Chevreul, le premier qui aurait découvert ces lois ne serait pas un des observateurs auxquels on les attribue généralement, mais un créole de notre île de la Réunion, île éminemment française. Ce créole s’appelait Joseph Hubert, homme d’une haute intelligence et d’un dévouement sans borne pour son pays. Ses papiers, ses notes, ses mémoires ont été religieusement conservés par son fils, M. Eaubel Hubert, et publiés par M. Émile Trouette, conseiller privé du gouverneur de la Réunion, qui, dans un sentiment patriotique que tout le monde comprend, a intéressé M. Chevreul à cette publication. L’ouvrage a été soumis à M. Faye, notre éminent astronome, qui a consigné son appréciation dans une lettre que nous croyons devoir reproduire ici.

« Mon cher et très respecté confrère,

« Vous avez bien voulu me demander mon avis sur l’opinion qui attribue à Hubert la première idée de la loi du cyclone. — Après avoir pris connaissance des documents contenus dans le livre que vous m’avez apporté à l’académie lundi dernier, je tiens pour certain que Hubert avait, dès avant 1788 reconnu le caractère gyratoire des cyclones, et qu’il les assimilait à des trombes gigantesques.