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l’Amérique méridionale. Ici, comme dans l’hémisphère austral, les eaux qui l’alimentent sont chaudes et pesantes. Ce sont les eaux des zones tropicales, qui, surchargées de tous les sels abandonnés par l’évaporation, tendent constamment, malgré leur température élevée, à descendre des couches voisines de la surface, pour aller, dans les régions les plus profondes, remplacer les couches plus froides mais plus légères. Grâce au mauvais état de conductibilité du milieu qui les environné, ces masses alourdies peuvent se maintenir à un degré stationnaire, et conserver pendant longtemps les trésors de chaleur qu’elles ont mission de transporter et de répandre dans les contrées les plus lointaines. Telles sont les conditions dans lesquelles se trouvent les courants sous-marins qui remontent au nord, en traversant le détroit de Davis et la baie de Baffin pour se jeter au sein de la mer Glaciale.

Puisque le bassin polaire ne possède dans toute son étendue qu’une seule issue pour laisser écouler les eaux qui arrivent du sud, il doit nécessairement exister au centre des régions arctiques, dans les environs mêmes du pôle, un lieu de renversement et de transformation où les contre-courants sous-marins cessent de s’élever au nord, gagnent les couches supérieures, et retournent vers l’Atlantique en formant les courants de surface.

On peut évaluer approximativement les proportions de l’énorme volume d’eau qui se trouve ainsi déplacé dans ce mouvement alternatif du pôle vers l’Océan. Il suffit d’observer les masses considérables de glace que la mer de Baffin et le détroit de Davis charrient périodiquement jusqu’au grand banc de Terre-Neuve. La seule banquise