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de départ et au point d’arrivée. Là, l’eau enlève en se vaporisant la chaleur qui serait en excès ; ici, en se condensant, elle restitue ce qu’elle a pris à d’autres régions et empêche un abaissement excessif de température.

« Pour bien comprendre ce jeu merveilleux de l’atmosphère et ce voyage que fait la chaleur, dit l’illustre savant, il faut se rappeler quelques notions de physique.

« Tout le monde sait que l’eau en s’évaporant absorbe de la chaleur ; c’est pour cela qu’on arrose les rues, afin de les rafraîchir. Le calorique absorbé par l’eau, dans cette évaporation, est si considérable, qu’il pourrait élever à l’ébullition une quantité d’eau cinq fois plus grande que la quantité évaporée. Ce calorique n’est pas perdu : il se conserve tout entier dans la vapeur, à l’état que les physiciens appellent latent, et en effet il reparaît toutes les fois que la vapeur se condense. On sait les avantages que l’industrie tire de ces alternatives pour le chauffage dans les usines.

« Or il est facile, d’après ce principe, de calculer la quantité de calorique échangé annuellement entre les régions équatoriales, polaires et tempérées. Il résulte des observations atmosphériques que dans la zone torride l’évaporation peut s’estimer égale à une couche d’eau d’au moins 5 mètres de hauteur. Admettons que 2 de ces mètres retombent sur place à l’état de pluie, de sorte qu’il en reste 3 pour les autres parties du globe. La surface sur laquelle s’opère cette évaporation est évaluée à 70 millions de milles géographiques carrés : de sorte que la masse d’eau évaporée s’élève à 721 trillions de mètres cubes (721 000 000 000 000). On peut démon-