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croit que la formation des grêlons est successive et non pas instantanée ; il attribue la cause générale des orages à grêle à rabaissement brusque d’un courant froid supérieur dans les couches inférieures, chaudes et humides. MM. Renou, Planté, Solvay et plusieurs autres savants ont pris part à la discussion de la théorie de ce météore[1] et M. l’abbé Raillard vient de publier une savante étude sur ce sujet[2] ; mais nous devons attendre que l’accord des savants se soit un peu mieux dessiné avant de développer ici avec quelque étendue les théories nouvelles qui se font jour.

Terminons cette revue des météores aqueux par un passage d’un remarquable article publié par le R. P. Secchi dans les Études religieuses, historiques et littéraires.

Il fait d’abord remarquer que la circulation de l’atmosphère, déjà si puissante et si merveilleuse en elle-même, le devient davantage quand on la considère dans ses rapports avec la vie animale sur les continents. Sans le voile de nuages et sans les pluies bienfaisantes qui règnent dans les contrées tropicales, toute la zone torride serait embrasée et les régions polaires éternellement glacées ; la vie serait confinée dans les espaces insignifiants des zones tempérées. Mais, par une admirable propriété physique de la vapeur d’eau, une immense quantité de chaleur est transportée des tropiques aux régions polaires, de telle sorte que, restant insensible dans les lieux où elle passe, elle ne fait sentir son effet utile qu’au point

  1. Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1875.
  2. Les Mondes scientifiques, 1875, 14 octobre.