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tre, plus nombreux, se groupaient, et vers dix heures ils formaient des masses floconneuses séparées les unes des autres, qui cachaient ces montagnes. À deux heures du soir le thermomètre marquait 21 degrés au-dessus de zéro, par un temps calme ; les rayons solaires avaient entièrement dissipé ces masses de nuages, et la neige des montagnes était fondue.

« Ces faits sont une nouvelle preuve que la vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère passe de l’état invisible ou moléculaire à l’état visible ou vésiculaire, dans une région, toutes les fois que la température de cette région vient à s’abaisser d’une certaine quantité de degrés, les nuages résultent ensuite de la vapeur vésiculaire produite.

De Saussure dit, dans son Essai sur l’hygrométrie :

« Arrêté par un vent pluvieux sur la cime ou le penchant de quelques montagnes, je cherchais à épier la formation des nuages que je voyais naître presque à chaque instant sur les forêts ou sur les prairies situées au-dessous de moi. Nul brouillard ne couvrait leur surface, l’air qui les environnait était parfaitement net et transparent ; mais tout à coup, tantôt ici, tantôt là, il paraissait quelques-uns de ces nuages, sans que jamais je pusse saisir le commencement de la formation ; dans une place que mon œil venait de quitter, où deux secondes avant il n’en existait pas, j’en voyais tout à coup un déjà grand. »

Kaemtz fait remarquer que lorsque l’on considère de loin une chaîne de montagnes on voit souvent un nuage attaché à chaque sommet, tandis que les interval-