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cipaux vents qui soufflent sur l’Europe : ils jettent les habitants dans un grand état de langueur, par la chaleur énervante qu’ils apportent avec eux.

M. Fabre pense que le sirocco, ce vent si sec en Afrique, et qui rend visible la fine poussière dont il est chargé, enlève, en traversant la mer, une quantité considérable de vapeur, arrive avec cette vapeur pénétrée de la chaleur qu’il a partagée avec elle, jusqu’à nos montagnes du Centre, de l’Est et du Midi, et là donne lieu à d’immenses effluves, soit par l’eau qu’il abandonne en se refroidissant, soit par la fusion de neige qu’il provoque. Aussi ce météore lui parait-il être surtout redoutable à l’entrée et à l’issue de l’hiver quand il rencontre sur les Alpes, les Cévennes et les Pyrénées, des neiges molles dont il entraîne de grandes quantités à la fois. Il est moins à craindre en plein été, quand la température de nos contrées du nord s’est élevée et que la saison a fait écouler les neiges qui ne sont pas éternelles.

Le mistral est le vent le plus redoutable de la Méditerranée ; c’est pendant l’hiver et l’automne qu’il souffle avec le plus d’impétuosité, surtout après les pluies d’orage ; il apparaît d’abord par rafales, mais bientôt il prend le dessus ; en quelques heures, il a desséché le sol et fait disparaître toutes les vapeurs de l’atmosphère. Le froid qu’entretiennent les glaces des Alpes, la condensation des volumes d’air qu’elles supportent, la dilatation de l’air qui repose sur des terrains susceptibles d’être échauffés, l’évaporation des eaux de la Méditerranée sont probablement la cause du mistral.

Dans un ouvrage qui renferme une foule d’observa-