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déviation vers le nord, il faut donc admettre que le volcan de Saint-Vincent avait projeté l’immense quantité de poussière qui tomba sur la Barbade et les mers voisines, jusqu’à une hauteur où les vents alizés ne se faisaient pas sentir, mais dans laquelle régnait même un courant diamétralement opposé, et que cette propagation ne put avoir lieu que par l’effet du contre-courant supérieur.

Le capitaine Basile Hall a observé que dans la région des vents alizés les nuages très élevés marchent continuellement dans une direction opposée à celle du vent inférieur ; et dans le mois d’août 1820 il trouva au sommet du pic de Ténériffe un vent du sud-ouest, c’est-à-dire un vent directement opposé au vent alizé qui soufflait à la surface de la terre. M. de Humboldt fit une observation analogue sur la même montagne.

Les phénomènes des courants opposés étaient d’ailleurs bien connus des anciens : « Ne vois-tu pas, dit Lucrèce, les nuages eux-mêmes, poussés par des vents contraires, suivre, les uns en bas, les autres en haut, des directions opposées[1] ? »

V.

La direction générale des vents inférieurs nous est indiquée par les girouettes, et celle des courants supérieurs par la marche des nuages. Dans la marine, on désigne les vents par leur direction ou par la partie du vaisseau qu’ils frappent directement : Avoir vent en poupe, c’est

  1. Lucrèce, liv. V.