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Ce sont ces vents qui portent les noms de vents généraux, de vents alizés, et qui remplissaient d’étonnement et d’inquiétude les compagnons de Christophe Colomb ; la direction constante de ces vents semblait leur barrer à jamais le retour.

La différence de température entre le jour et la nuit détermine les brises journalières, soit sur les côtes ou à l’intérieur des continents, et la différence de température entre les saisons extrêmes détermine les moussons, que l’on pourrait à juste titre appeler brises des saisons :

Les saisons à leur tour, dans leur vicissitude,
Nous ramènent un air ou plus doux ou plus rude,
Et les vents inconstants, en dépit des climats,
Redoublent les chaleurs ainsi que les frimas,

(Delille.)

Pour expliquer le phénomène des vents, il importe avant tout de faire connaître de quelle manière se comportent deux portions contiguës de l’atmosphère, si elles viennent à être inégalement chauffées. Nous prendrons principalement pour guide un excellent mémoire de Fr. Arago.

Franklin imagina de promener une chandelle à toutes les hauteurs de la porte de communication de deux salles contiguës et inégalement chauffées.

Dans le bas, la flamme indiquait un courant dirigé de la salle froide vers la salle chaude ; dans le haut de la porte, la flamme, s’inclinant en sens inverse, signalait un courant dirigé de la salle chaude vers la salle froide ; et à une certaine hauteur, entre ces deux positions ex-