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un animal placé sous la cloche de la machine pneumatique (fig. 28).

Il est cependant à remarquer que les fatigues de toutes sortes et la privation de sommeil, conditions inséparables de ces voyages, entrent nécessairement pour quelque chose dans les phénomènes physiologiques qu’on y observe. Par un séjour prolongé, on s’acclimate et l’on cesse de souffrir de cet air rare. Il y a des villes et des villages dans le haut Pérou, situés à 3 900 et 4 350 mètres d’altitude.

L’accélération que la respiration subit dans un air rare, s’explique facilement par la moindre quantité d’oxygène que chaque inspiration introduit dans les poumons ; un air encore plus rare produirait la mort par asphyxie.

Ainsi, deux choses principales sont à craindre dans les excursions à de grandes hauteurs : l’asphyxie par le manque d’air, et les congestions par la diminution de la pression atmosphérique.

Il est vrai que les oiseaux s’élèvent impunément jusque dans les régions où l’air est beaucoup plus raréfié que sur la terre ; mais ils sont organisés de manière à pouvoir rétablir sans cesse l’équilibre entre l’air et leurs fluides intérieurs. L’air ne pénètre pas seulement dans leurs poumons ; leur cavité abdominale, leurs os même en sont remplis ; et selon qu’ils s’élèvent ou s’abaissent dans l’atmosphère, ils peuvent, par la fréquence et l’étendue plus ou moins grande de leurs inspirations, remplir ou vider plus ou moins complètement leurs cellules aériennes.

L’homme ne possédant pas cette faculté, ne pourra parcourir avec sécurité les régions élevées de l’atmosphère,