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servations, les unes directes, les autres indirectes ; c’est d’ailleurs la conséquence de la présence de l’électricité positive dans l’atmosphère, l’une des électricités ne pouvant se manifester à l’état libre sans qu’une quantité équivalente de l’autre se manifeste également.

À la surface du contact de l’air atmosphérique et de la partie solide ou liquide du globe terrestre, il existe une couche d’air à l’état neutre, les deux électricités devant s’y neutraliser constamment, vu que la cause (probablement souterraine) qui les dégage, agit nécessairement sans interruption. Cette neutralisation est naturellement facilitée dans les plaines et au-dessus des mers par l’humidité, toujours plus ou moins considérable, dont y sont imprégnées les couches d’air en contact avec le sol. Mais il n’en est pas de même sur les sommets des montagnes et surtout au haut des pics élevés ; la sécheresse de l’air doit y rendre la combinaison des deux électricités plus difficile et leur permettre d’acquérir, à la négative dans le sol, à la positive dans l’air, un degré de tension passablement énergique. C’est ce que démontre, d’une part, la forte électricité positive que l’air possède à ces grandes hauteurs, et d’autre part, l’attraction qu’exercent les montagnes, en vertu de leur électricité négative, sur les nuages positifs de l’atmosphère.

Maintenant, que se passera-t-il, se demande M. de la Rive, si on réunit, par un fil électrique, une plaque métallique implantée dans le terrain de la plaine avec une plaque semblable implantée dans le sol d’un lieu élevé ? Comme il y a un écoulement continu de l’électricité négative du sol vers la positive de l’air, qui produit la