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sur celles qui leur ont été ravies par fraude et par violence.

Que perdent les colons blancs par notre constitution ? Tout ce que l’aristocratie regrette le plus, tout ce qui flatte l’orgueil ; les distinctions de rang et de naissance, le pouvoir arbitraire qu’ils s’étoient arrogé sur les vies et les propriétés des hommes de couleur ; enfin ils perdent l’espoir de retenir impunément le bien de leurs créanciers, et celui de devenir tous nobles, ainsi qu’ils le demandoient dans leur premier cahier de doléances, qui n’a pas été connu en France, et qui a pensé faire pendre au Cap ceux qui l’avoient rédigé.

Qu’on juge maintenant quels sont, des colons blancs ou de couleur, ceux qui sont le plus attachés à notre constitution. En supposant vrais les faits par lesquels les colons blancs veulent persuader que les hommes de couleur ont fait la contre-révolution à S. Domingue, comme la destruction de toutes les municipalités, le rétablissement des anciens commandans, la décoration du ponpon blanc ; en supposant, dis-je, tous ces faits vrais, on ne doit pas en conclure que les hommes de couleur ayent voulu opérer la contre-révolution dans le sens qu’on l’entend en France. Il est vrai cependant qu’ils en ont fait

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