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propositions, étant prêt du reste de les condamner partout où elles seraient, et dans le livre même de Jansénius, si elles s’y trouvaient. L’autre, qui regardait le dogme, était une proposition composée des propres termes de saint Chrysostome et de saint Augustin, et portait que les Pères nous montrent en la personne de saint Pierre un juste à qui la grâce, sans laquelle on ne peut rien, avait manqué. Ces deux propositions furent déférées à la Faculté par des docteurs du parti des jésuites ; et ceux-ci firent si bien par leurs intrigues, et en Sorbonne, et surtout à la cour, qu’ils vinrent à bout de faire censurer la première de ces propositions comme téméraire, et la seconde comme hérétique.

Il n’y eut jamais de jugement moins juridique, et tous les statuts de la Faculté de théologie y furent violés. On donna pour commissaires à M. Arnauld ses ennemis déclarés, et l’on n’eut égard ni à ses récusations ni à ses défenses. On lui refusa même de venir en personne dire ses raisons. Quoique, par les statuts, les moines ne dussent pas se trouver dans les assemblées au nombre de plus de huit, il s’y en trouva toujours plus de quarante. Et pour empêcher ceux du parti de M. Arnauld de dire tout ce qu’ils avaient préparé pour sa défense, le temps que chaque docteur devait dire son avis fut limité à une demi-heure.

On mit pour cela sur la table une clepsydre, c’est-à-