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lui refuserait aussi la communion s’il se présentait à l’autel. Et le sujet qu’il allégua d’un refus si injurieux, c’est que ce seigneur retirait chez lui un ecclésiastique ami de Port-Royal[1] et que Mlle de la Roche-Guyon, sa petite-fille, était pensionnaire dans ce monastère. On n’aurait peut-être pas fait beaucoup d’attention à l’entreprise téméraire de ce confesseur ; mais ce qui rendit l’affaire plus considérable, c’est qu’il fut avoué par le curé[2] et par les autres supérieurs de ce séminaire, gens très dévots, mais fort prévenus contre Port-Royal. M. Arnauld écrivit là-dessus une lettre sans nom d’auteur. Elle fit beaucoup de bruit, et il se crut obligé d’en écrire une seconde beaucoup plus ample, où il mit son nom, et où il justifiait à fond la pureté de sa foi et l’innocence des religieuses de Port-Royal.

Il y avait déjà du temps que ses ennemis attendaient avec impatience quelque ouvrage avoué de lui où ils pussent, soit à droit, soit à tort, trouver une matière de censure. Cette lettre vint très à propos pour eux, et ils prétendirent qu’il y avait deux propositions erronées. Dans l’une ; qui regardait le fait de Jansénius, M. Arnauld disait qu’ayant lu exactement le livre de cet évêque, il n’y avait point trouvé les cinq

  1. Le P. Desmares.
  2. L’abbé Olier.