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La lettre au pape lui fut rendue par l’évêque de Lodève[1], depuis évêque de Montpellier, qui était alors à Rome. La même Relation porte que le pape la baisa avec de grands transports de joie, confessant qu’il n’avait point reçu de plus sensible plaisir de tout son pontificat. Il y fit aussitôt réponse [29 septembre 1654] par un bref, adressé à l’Assemblée générale du clergé qui se devait tenir au premier jour. Ce bref était fort succinct, et il n’y était pas dit un mot de ce jugement rendu par les évêques. Le pape y témoignait seulement sa joie de la soumission des prélats de France à sa constitution, dans laquelle il avait, disait-il, condamné la doctrine de Jansénius. Ce bref étant arrivé en France avec la nouvelle de la mort du pape, le cardinal Mazarin, sans attendre l’Assemblée générale, convoqua encore une assemblée particulière de quinze prélats, en présence desquels le bref fut ouvert [10 mai 1655], et il fut résolu d’envoyer la constitution et le bref à tous les évêques, qui furent exhortés à les faire souscrire par tous les ecclésiastiques et par toutes les communautés, tant régulières que séculières, de leurs diocèses. C’est la première fois qu’il a été parlé de signature dans cette affaire, et il est assez étrange que quinze évoques aient voulu imposer à toute l’Église de France

  1. François Bosquet.