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et qu’ils y en avaient trouvé même de plus dangereuses. Qu’au reste, il y avait deux preuves incontestables que les cinq propositions y étaient, et qu’il fallait s’en tenir à ces deux preuves. L’une était les termes mêmes de la bulle, qu’on ne pouvait nier, à moins que d’être très méchant grammairien, qui ne rapportassent ces propositions à Jansénius. L’autre était les lettres des évêques de France écrites à Sa Sainteté avant et après la constitution, par lesquelles il paraissait visiblement qu’ils avaient tous supposé que les cinq propositions étaient en effet de Jansénius. Sur un tel fondement il fut arrêté, à la pluralité des voix, que l’Assemblée déclarait par un jugement définitif que le pape avait condamné ces propositions comme étant de Jansénius et au sens de Jansénius, et qu’elle écrirait à Sa Sainteté et à tous les évêques de France pour les informer de ce jugement. Quatre prélats de l’Assemblée, savoir : l’archevêque de Sens[1] et les évêques de Comminges[2], de Beauvais[3] et de Valence[4], refusèrent de signer ces lettres, et ne souffrirent qu’on y mît leurs noms qu’après avoir protesté qu’ils n’y consentaient que pour conserver l’union avec leurs confrères.

  1. Henri de Gondrin.
  2. Gilbert de Choiseul.
  3. Nicolas Choart de Buzanval.
  4. Charles de Gelas de Leberon.