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sur lui, et qu’il n’a guère passé de jours en sa vie sans le réciter.

Le livre du Père Brisacier excita une grande indignation dans le public. M. de Gondy, archevêque de Paris, lança aussitôt contre ce livre une censure foudroyante, qu’il fit publier au prône dans toutes les paroisses. Il y prenait hautement la défense des religieuses de Port-Royal, et rendait un témoignage authentique et de l’intégrité de leur foi et de la pureté de leurs mœurs. Tous les gens de bien s’attendaient que le Père Brisacier serait désavoué par sa compagnie, et que, pour ne pas adopter par son silence de si horribles calomnies, elle lui en ferait faire une rétractation publique, puis l’enverrait dans quelque maison éloignée pour y faire pénitence. Mais, bien loin de prendre ce parti, le Père Paulin, alors confesseur du roi, à qui on parla de ce livre, dit qu’il l’avait lu, et qu’il le trouvait un livre très modéré. On voit, dans le catalogue qu’ils ont fait imprimer des ouvrages de leurs écrivains, ce même livre du Père Brisacier cité avec éloge. Pour lui, il fut fait alors recteur de leur collège de Blois, ensuite recteur de leur collège de Rouen, et, à quelque temps de là, supérieur de leur maison professe de Paris. Ainsi, sans avoir fait aucune réparation de tant d’impostures si atroces, il continua le reste de sa vie à dire ponctuellement la messe tous les jours, confessant et donnant des abso-