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Comme les religieuses se trouvaient alors au nombre de plus de cent, la même raison qui les avait obligées, vingt-cinq ans auparavant, de partager leur communauté, les obligeant encore de se partager, elles obtinrent de M. de Gondy la permission de renvoyer une partie des sœurs dans leur premier monastère, en telle sorte que les deux maisons ne formassent qu’une même abbaye et une même communauté, sous les ordres d’une même abbesse. La Mère Angélique, qui l’était alors par élection, y alla en personne avec un certain nombre de religieuses qu’elle y établit [1648]. M. Vialart, évêque de Châlons, en rebénit l’église, qui avait été rehaussée de plus de dix pieds, et y administra le sacrement de confirmation à quantité de gens des environs. Ce fut vers ce temps-là que la duchesse de Luynes, mère de M. le duc de Chevreuse, persuada au duc son mari de quitter la cour, et de choisir à la campagne une retraite où ils pussent ne s’occuper tous deux que du soin de leur salut. Ils firent bâtir pour cela un petit château dans le voisinage et sur le fonds même de Port-Royal des Champs[1]. Ils firent aussi bâtir à leurs dépens un fort beau dortoir pour les religieuses. Mais la duchesse ne vit achever ni l’un ni l’autre de ces édifices, Dieu l’ayant appelée à lui dans une fort grande jeunesse.

  1. Le château de Vaumurier.