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seulement de se retirer du monde, mais même, ce qui est assez particulier, de se faire religieuse sous la conduite de sa fille. Comme elle sut l’extrémité où la communauté était réduite, elle acheta de son argent, au faubourg Saint-Jacques, une maison, et la donna pour en faire comme un hospice. On ne voulait y transporter d’abord qu’une partie des religieuses ; mais le monastère des Champs devenant plus malsain de jour en jour, on fut obligé de l’abandonner entièrement en 1625, et de transférer à Paris toute la communauté, après en avoir obtenu le consentement du roi et de l’archevêque. On se logea comme on put dans cette nouvelle maison : l’on fît un dortoir d’une galerie ; on lambrissa les greniers pour y pratiquer des cellules, et la salle fut changée en une chapelle.

La réputation de la Mère Angélique et les merveilles qu’on racontait de la vie toute sainte de ses religieuses lui attirèrent bientôt l’amitié de beaucoup de personnes de piété. La reine Marie de Médicis les honora d’une bienveillance particulière, et, par des lettres patentes registrées au parlement, prit le titre de fondatrice et de bienfaitrice de ce nouveau monastère. Elle ne fut pas en état vraisemblablement de leur donner des marques de sa libéralité, mais elle leur procura un bien qu’elles n’eussent jamais osé espérer sans une protection si puissante.

Plus la Mère Angélique avait sujet de louer Dieu