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sortaient du chapitre. Il donne le signal, fait entrer ses troupes, et exécute exactement les ordres qu’il avait reçus.

À l’heure de tierce, les religieuses vont au chœur sans savoir que ce serait pour la dernière fois qu’elles les chanteraient ensemble. Mais elles ne tardent pas à l’apprendre. M. d’Argenson, les ayant fait assembler, leur signifia l’arrêt de dispersion, qui est exécuté le même jour. On n’entendit de la part de ces saintes filles ni murmures, ni gémissements, on ne vit pas même couler de larmes. Mais tout le vallon retentissait du cri des pauvres, qui étant venus pour recevoir les aumônes ordinaires, et voyant par ce qui se passait que bientôt ils en seraient privés, criaient : Miséricorde, il faut donc que nous mourions de faim !

1. La Mère Louise de Sainte-Anastasie Dumesnil, prieure, fut exilée chez les Ursulines de Blois, où elle mourut privée des sacrements.

2. La sœur Françoise de Sainte-Marthe, chez les Véroniques de Blois.

3. La sœur Anne-Julie de Sainte-Synclétique de Remicourt, chez les Bénédictines de Bellefonds à Rouen.

4. Marie de Sainte-Gertrude du Valois, chez les Ursulines de Chartres.

5. La sœur Françoise de Sainte-Agathe Le Juge, à la Visitation de Chartres.