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29 avril, elles signent un excellent mémoire apologétique pour instruire l’Official de Lyon, qui devait juger leur appel de l’ordonnance de M. de Paris.

Les ennemis de Port Royal, impatients de voir cette sainte maison détruite, ont recours à Rome pour exécuter plus promptement leurs mauvais desseins. Les religieuses l’ayant appris, elles écrivent le 18 mars une très belle lettre à Sa Sainteté, dans laquelle elles lui demandaient de n’être point condamnées sans être entendues… Le pape donne une bulle contre elles, et dit à leur agent qu’il n’avait pu la refuser aux sollicitations d’un aussi grand prince que le roi de France…

Cette bulle, adressée à M. de Noailles, quoique datée du 27 mars (par une fausseté manifeste), ne fut expédiée qu’au mois de septembre, devint publique en France au mois de novembre. La fausseté de la date est le moindre des défauts. Les religieuses de Port-Royal y sont traitées avec la dernière indignité, et livrées à la discrétion de leurs ennemis, à qui elle donne tout pouvoir de satisfaire leur passion contre ces saintes filles.

Le 8 décembre, on demande les sacrements pour la sœur Michelle Le Vavasseur ; M. de Noailles répond qu’il faut la laisser mourir sans sacrements, à moins qu’elle ne signe.

La bulle qui supprimait l’abbaye de Port-Royal-des-