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1707. — Le 3 janvier, M. Voisin commence sa visite dans la maison de Paris ; le 19 il se transporte à Port-Royal-des-Champs et dresse son procès-verbal. Les religieuses de Port-Royal-des-Champs prennent toutes les mesures que la prudence chrétienne peut suggérer pour justifier leur innocence et se défendre contre l’oppression ; elles présentent requêtes sur requêtes, on n’y a aucun égard ; elles écrivent lettres sur lettres à M. de Noailles, Son Éminence ne daigne pas même faire réponse à une seule ; elles font protestations sur protestations, oppositions sur oppositions, et on va son train. Le parti était pris, et leur perte résolue. Toutes les voies de la justice leur sont fermées et toutes les lois foulées aux pieds. Et ce qu’il y a de plus affligeant, c’est que leur propre pasteur, qui devait être leur protecteur et donner sa vie pour ses brebis, loin de défendre ces saintes filles, que saint Cyprien aurait appelées la plus illustre portion du troupeau de J.-C., les abandonne. Non seulement il les abandonne, il les livre lui-même aux loups pour les dévorer, et se joint à eux…

Le 11 d’août, M. Vivant va à Port-Royal-des-Champs pour y faire, par ordre de M. de Noailles, une visite prétendue pastorale. Son Éminence ôte aux religieuses le seul confesseur, M. Havart, qui leur restait, et leur envoie un fanatique nommé Pollet, qui leur signifie verbalement une interdiction des sa-