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Sacy faisait le canevas, et ne le reportait presque jamais tel qu’il l’avait fait ; mais il avait lui-même la principale part aux changements, étant assez fertile en expressions. M. Arnauld était celui qui déterminait presque toujours le sens. M. Nicole avait devant lui saint Chrysostome et Bèze, ce dernier afin de l’éviter, ce qu’on a fait tout le plus qu’on a pu. [M. de Sacy a fait les préfaces, aidé par des vues et par des avis que lui avaient donnés M. Arnauld et M. Nicole.]

Depuis peu, quelqu’un a fait des Remarques sur cette traduction, et M. Arnauld en a pris ce qu’il croyait le meilleur, ce qu’il a toujours fait très volontiers. M. de Sacy était moins souple : témoin sa raideur sur les remarques du Père Bouhours, dont il n’a jamais voulu suivre aucune. M. Nicole au contraire a profité dans ses Essais de morale de celles qui lui ont paru bonnes.

Il n’a plus osé écrire contre M. Jurieu, depuis qu’il a vu M. de Meaux[1][aux mains] avec lui, ne voulant pas donner d’ombrage à ce prélat. M. de Sacy n’avait de déférence au monde que pour M. Singlin, homme en effet merveilleux pour le droit sens et le bon esprit. Celui-ci avait de grands égards pour M. de Saint-Cyran-Barcos, qui était son directeur, homme pur dans sa vie, et d’un grand savoir, mais

  1. Bossuet, évèque de Meaux de 1681 à 1704.