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et principalement dans les couvents d’Ursulines, de Célestes ou Filles bleues, et de la Visitation. On en avait voulu loger dans d’autres maisons, et entre autres chez les Carmélites ; mais comme on savait l’intention de l’archevêque, qui était de tenir ces filles dans une très rude captivité, on avait fait de grandes difficultés, dans la plupart de ces maisons, de les recevoir et de contribuer aux mauvais traitements qu’on leur voulait faire. Il y eut, entre autres, une abbesse à qui on en voulut donner une, mais elle déclara en la recevant qu’elle prétendait lui donner la même liberté qu’elle aurait pu avoir à Port-Royal, et la traiter comme une de ses filles. Elle tint parole, et fit tant d’honneurs à cette religieuse que l’archevêque la lui ôta au bout de deux jours. On ne peut aussi s’empêcher de rendre justice à la Mère de la Fayette, supérieure de Chaillot, qui, ayant été obligée de recevoir une de ces religieuses, la traita avec une charité extraordinaire tout le temps qu’elle fut dans son monastère. Il n’en fut pas de même des autres maisons où ces religieuses furent enfermées. On peut voir, dans la relation de la sœur Angélique Arnauld[1], la manière dont elle fut traitée chez les Filles bleues de Paris. La plupart des autres le furent à peu près de la même sorte[2].

  1. Angélique de Saint-Jean.
  2. Le manuscrit de Jean-Baptiste Racine s’arrête ici. L’édition de 1767 donnait déjà ce qui suit.